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L'arrivée de la maladie dans ma vie

alexiamignot
21 janv.
3 min de lecture

2008, j’ai 18 ans, un CAP de communication graphique en poche, je vis seule dans un appart’ à Reims, trop bien, je peux inviter les copines quand je veux !


La rentrée de septembre arrive, je ne me suis pas inscrite pour continuer mes études sur Paris comme prévu. Par contre le patron de l’imprimerie où j’avais fait mon stage m’embauche pour travailler quelques jours par mois.


Je me sens comme une « grande personne», je fume mes clopes avant d’aller bosser, je découvre que j’adore le poste d’employée, rendre service me fait du bien.


Petit hic, fin septembre, je sens qu’il se passe des trucs dans mon corps mais je n’ai pas la moindre idée de ce que c’est. Jusqu’au jour où c’est l’électrochoc, mon visage est engourdi, d’un seul côté mais ça fourmille et je sens que ma bouche s’affaisse. Je vais travailler et je sers les clients comme si de rien n’était, à l’intérieur par contre, je hurle.


1ère poussée : paralysie faciale du côté droit, 2e poussée : tout mon côté gauche, du cou jusqu’aux orteils se met à fourmiller de manière plus ou moins intense selon les zones, 3e poussée : l’eau chaude me brûle, l’eau froide aussi, y’a une couille dans le pâté.


C’aura été rapide, au bout de 3 mois, après les prises de sang, les rdv avec le neurologue, scanner, IRM, ponction lombaire à l’hôpital, le verdict tombe, c’est une sclérose en plaques. Charmant le nom. J’ai franchement cru qu’il me restait 2 ans à vivre la première fois que je l’ai entendu.


4e poussée : épisode de vertiges intenses, je dois me déplacer à 4 pattes chez moi, je vomis tout ce que je mange. Fun.



À l’époque je ne comprends pas grand-chose aux émotions que je traverse, on ne nous donne pas Le Grand manuel d’utilisation de l’humain quand on naît, quel dommage !


Par contre le choc émotionnel dont j’entendais parler, qui pouvait être à l’origine de déclenchement de maladie, me mettait la puce à l’oreille. J’avais coupé les ponts avec ma mère 5 jours avant la 1er épisode. Coïncidence ? Je ne crois pas.


Je comprendrais plus tard que ceci est un choc, mais pas la cause de la maladie. En réalité toutes ces pathologies semblent multifactorielles, alors non je n’ai pas pu m’empêcher de me forger des certitudes sur les causes possibles, sur l’alimentation médiocre que j’ingérais, sur la ribambelle de produits chimiques présente dans notre quotidien… Cela a été mon cheval de bataille durant les 10 années qui ont suivi le diagnostic : déconstruire ce que je prenais comme acquis dans ma manière de vivre.


J’avais une soif de savoir, d’engranger des connaissances, d’abord par les documentaires, mais aussi par la découverte d’autres pays, d’autres cultures. J’ai visionné des enquêtes que je cherchais toujours plus poussées, plus sérieuses. L’industrie agro-alimentaire m’a tout particulièrement dégoûtée et je constatais amèrement que j’avais mangé des produits sortant tout droit de celle-ci depuis toute petite. S’en est suivi la culpabilité. Mais quelle maîtrise aurais-je pu avoir sur ce qu'on m'avait donné à manger depuis ma naissance ? Que faire à part essayer de me nourrir mieux dans le présent ?



Changer ses habitudes peut être long, on ne peut pas tout modifier d’un coup alors j’ai fait au fur et à mesure. Aujourd’hui, je suis plutôt contente, je me sens à l’équilibre. Mon plus gros problème d’addiction à ce jour, c’est le café et les chips, y’a pire !


Quant à la sclérose en plaques, j’ai un traitement qui me stabilise, je ne fais pas de poussées. Je vis avec les séquelles des épisodes d’avant. Ce n’est pas tous les jours facile, mais j’ai tellement bien récupéré par rapport à l’état dans lequel j’ai été que, la vie est belle !


Et surtout, je prends soin de mes émotions tellement mieux qu'avant !



Photo portrait, Inde, 2011
Photo portrait, Inde, 2011

 
 
 

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